Originaire de Laayoune, Abdellwahab Bounaaj a une devise « Danser, créer, donner » et c’est ce qu’il fait depuis plus de 20 ans. Très engagé dans son métier, il nous en parle avec la même intensité qu’à ses débuts.
Chez lui, le Breaking a donné vie à un chemin et à la conscience d’appartenir à une culture prolifique. Danseur confirmé et Conseiller Technique régional au sein de la FRMSAFH, Abdellwahab Bounaaj incarne une vision du Hip-Hop où l’expression individuelle dialogue avec le groupe pour transmettre de belles valeurs et générer encore plus d’art.
Quand as-tu commencé à danser ?
En 1999. J’étais très jeune à l’époque ! Tout s’est fait spontanément car j’étais porté par l’amour du mouvement et de la musique. Avec le temps, le Breaking est devenu un véritable mode de vie. Je dansais dans la rue avec des amis, on apprenait petit à petit, jusqu’au moment où j’ai vraiment pris conscience du poids de la culture Hip-Hop. Ma première compétition officielle a eu lieu en 2006, lors d’un événement organisé par la FRMSAFH. J’ai ensuite participé au Championnat du monde de Breaking aux États-Unis. Cette expérience décisive a marqué un tournant important dans mon parcours.
Quel est ton mouvement signature ?
Je dirais le Top Rock. C’est là que je ressens le plus de liberté artistique et que mon identité s’exprime complètement. A mes yeux, il ne s’agit pas juste d’un mouvement, mais d’un langage, un mélange de sensations, de rythme et de présence sur scène.
Quelle compétition te parle le plus ?
J’apprécie beaucoup le Battle of the year, parce qu’il rassemble des équipes très fortes venues de différents pays, avec un niveau extrêmement élevé. Ce que j’aime surtout, c’est l’esprit de défi, le travail d’équipe et l’énergie collective qui y règnent. Il y a une vraie joie à créer ensemble et à donner le meilleur de soi.
De quelle façon concilies-tu danse et vie personnelle ?
J’essaie toujours de bien séparer les deux en gérant le temps intelligemment. A chaque chose son moment. Cet équilibre me permet de respecter les deux sans pression, ni tension.
Qu’est-ce que le Breaking a apporté à ta vie ?
Il m’a énormément donné, aussi bien sur le plan psychologique que physique. Au quotidien, il m’aide à libérer l’énergie négative et à m’épanouir. Le Breaking m’a aussi permis de rencontrer des personnes de cultures différentes. Grâce à lui j’ai développé ma manière de penser, ma concentration et mon sens de la discipline.
Quelles sont tes influences musicales ?
J’aime particulièrement le jazz et le Funk, notamment les morceaux de James Brown. Ce genre musical me stimule beaucoup, il nourrit ma créativité et m’apporte une sensation particulière lorsque je suis en mouvement.
Quel est ton objectif à long terme ?
Je souhaite travailler avec les enfants et les jeunes, leur faire découvrir ma ville, révéler de nouveaux talents et les former comme il se doit. Je voudrais contribuer à construire une génération consciente de la culture Hip-Hop et porteuse de valeurs comme le respect, la créativité et l’esprit d’équipe.