De ses premiers pas en Hip-Hop à la scène Breaking, B-Girl Wave a construit son parcours avec patience et détermination. Aujourd’hui, elle affirme une personnalité et un style nourris par le travail, le mouvement et l’envie constante d’évoluer.
Pour Walaa Amezzargou AKA B-Girl Wave, le Breaking est un langage qui se façonne au fil des entraînements et des rencontres. Son style, porté par le footwork, le flow et une relation étroite avec la musique, traduit une recherche permanente d’authenticité. Elle revient sur son évolution, la place des B-Girls et les ambitions qui accompagnent aujourd’hui son engagement.
Parle nous de ta « rencontre » avec le Breaking ?
J’ai connu cette discipline grâce à mon premier coach de danse Hip-Hop, Yassine Twam. C’est lui qui m’a fait découvrir cette discipline et m’a appris les premières bases. Quelques années plus tard (environ sept), j’ai revu des danseurs pratiquer le Breaking dans la rue. En les regardant, toute la passion est revenue. J’ai ressenti l’envie de recommencer et de me dépasser. C’est à partir de ce moment-là que mon véritable parcours dans le Breaking a commencé.
Comment tu as fait pour apprendre vite ?
Je pense que ce qui m’a permis de progresser rapidement, c’est avant tout la passion. J’ai passé énormément de temps à m’entraîner, souvent toute seule. J’observais des vidéos, je répétais les mouvements jusqu’à les maîtriser et je participais à des workshops et à des événements dès que j’en avais l’occasion. Même lorsqu’il y avait des obstacles ou des moments de doute, je continuais à m’entraîner seule, parce que la danse était plus forte que tout. Cette passion m’a toujours poussée à aller plus loin.
Décris-nous ton univers avec tes mots. Qu’est-ce que cela représente pour toi?
Le Breaking est bien plus qu’une danse, c’est une culture et un état d’esprit. Il m’a appris la discipline, le respect, le partage et la persévérance. C’est un univers où chacun peut exprimer sa personnalité sans parler. Grâce au Breaking, j’ai grandi humainement autant qu’artistiquement. C’est devenu une partie de mon identité.
Quelle est ta spécialité ?
Ma spécialité est le footwork, le flow. Mon point fort est aussi le toprock, car c’est le moment où je peux montrer ma personnalité, mon énergie et ma connexion avec la musique avant même de descendre au sol. J’aime construire un style fluide, créatif et musical, tout en mélangeant la technique du Breaking avec des influences hip-hop pour raconter une histoire à travers mes mouvements.
Est-ce toujours compliqué pour une fille de se faire une place dans le Breaking ?
Oui, il y a encore des défis parce que le Breaking a longtemps été un milieu dominé par les hommes. Mais aujourd’hui, de plus en plus de B-Girls montrent qu’avec du travail et de la détermination, il est possible de gagner sa place. Personnellement, j’ai choisi de laisser ma danse parler pour moi et de prouver ma valeur à travers mon travail.
Quel est ton rêve en tant que B-Girl professionnelle ?
Mon rêve est de représenter le Maroc sur les plus grandes scènes internationales, de collaborer avec des artistes du monde entier et de contribuer au développement du Breaking dans mon pays. J’aimerais aussi transmettre mon expérience aux jeunes générations et encourager davantage de filles à croire en leurs rêves.
Avec qui aimerais-tu faire une collaboration ?
J’aimerais collaborer avec des artistes qui repoussent les limites de la créativité et qui mélangent différents styles de danse. Je suis également ouverte à des collaborations avec des musiciens, des réalisateurs ou des artistes visuels afin de créer des projets qui racontent une histoire et mettent en valeur la richesse de la culture Hip-Hop. Plus précisément j’aimerais bien collaborer avec le grand chorégraphe Hervé Koubi
Quels sont tes projets et quel message souhaites-tu passer ?
Je veux continuer à évoluer en tant que danseuse, participer à des compétitions internationales, intégrer davantage de créations artistiques et représenter le Maroc à travers ma danse. Mon message est que rien n’est impossible lorsque l’on est passionné. Même lorsqu’on s’entraîne seul (e), même lorsque les conditions sont difficiles, le travail et la persévérance finissent toujours par porter leurs fruits. Je veux montrer qu’il faut croire en soi, rester fidèle à sa passion et ne jamais abandonner ses rêves.