Josépha Madoki

Josépha Madoki

Femme qui danse, femme qui lutte

Danseuse et chorégraphe hors pair, Josépha Madoki relie le waacking à l’univers du Hip Hop. En défendant la cause des femmes, elle transforme la danse en outil d’émancipation et en manifeste d’énergie collective.

Dans l’univers de Josépha, le mouvement saisit, empoigne avec force. Ses bras qui fendent l’air, son port de tête assuré et son intensité scénique composent une écriture corporelle où s’entrelacent beauté, vigueur et révolte.

Née à Kinshasa et élevée en France, Josépha a d’abord exploré divers styles (classique, jazz, contemporain) avant de plonger dans les danses urbaines. C’est dans le waacking, issu des clubs underground afro et latino des années 70 à Los Angeles, qu’elle a trouvé sa voix. Cette danse, contemporaine du Hip Hop, partage avec lui un ADN contestataire et populaire.

Celle qui porte le pseudonyme de Princess Madoki est aujourd’hui l’une des grandes figures de proue de ce style. Ses performances dans des festivals de street dance, des battles, sur scène ou dans des clips comme Apeshit de Beyoncé et Jay-Z, illustrent la manière dont waacking et Hip Hop se nourrissent mutuellement.

Pour la franco-congolaise, ce lien n’est pas seulement esthétique, il est aussi politique. En s’affirmant dans un milieu encore marqué par des représentations masculines dominantes, elle porte haut la voix des femmes. Sa danse devient une déclaration militante, prouvant que la puissance féminine peut occuper le centre de la scène sans avoir à se justifier.

En 2010, elle fonde sa propre compagnie. Ses pièces valorisent l’art urbain dans toute sa splendeur. Son ambition s’ancre davantage lorsqu’elle rejoint Thomas Jolly pour chorégraphier une partie de Roméo et Juliette à l’Opéra de Paris. Un moment fort pour la jeune prodige qui s’investit de plus en plus dans la transmission. C’est à grand renfort d’ateliers, de stages et d’évènements culturels qu’elle incite les nouvelles générations à explorer cette voie. Princesse Madoki encourage notamment les jeunes filles à danser pour s’émanciper et se construire une identité scénique.

Dans ses réalisations, on retrouve le noyau dur des cultures urbaines ainsi que ce besoin vital de briser les barrières d’airain posées par la société. Barrières dont les femmes sont souvent les premières victimes…