« Aujourd’hui je me découvre un besoin de silence »
Depuis près de trois décennies, Lamia Lakhsassi dessine une vision du caftan où l’héritage dialogue avec une esthétique résolument contemporaine. À l’approche des 30 ans de sa maison, la créatrice revient sur un parcours guidé par l’intuition, mais aussi sur son rapport au bien-être, à l’équilibre intérieur et à la manière dont la mode peut contribuer à la santé physique comme mentale
Parfois, une vocation s’impose bien avant de devenir un métier. Pour Lamia Lakhsassi, tout commence dans les pages des magazines de mode qu’elle feuillette enfant, fascinée par les silhouettes, les couleurs et les univers qu’elles révèlent. Si les études de Droit puis le passage par l’entreprise familiale semblaient dessiner un autre destin, la création n’a jamais cessé de la rappeler à elle. De la décoration d’intérieur au bijou ancien, avant de faire du caftan son territoire d’expression, elle a construit un langage esthétique où l’intuition prime sur la démonstration. À l’occasion des trente ans de sa maison, la créatrice évoque un parcours singulier, son rapport à la tradition, son goût pour une élégance épurée et le projet de rétrospective qui viendra retracer trois décennies de création.
C’est quoi pour vous le bien-être ?
L’écoute de soi. Je pense que l’alignement se manifeste dans le respect de sa propre nature et de ses limites. Se contraindre, si ce n’est pas essentiel, est souvent contreproductif. C’est ma vision du bien-être et je suis en mode «work in progress ».
Parlez-nous de votre routine fitness ?
Je me suis exercée au Pilates pendant longtemps et aujourd’hui je me contente de marcher dès que mon agenda me le permet. Cela reste facile, sans contraintes et à la fois un bon compromis pour une bonne hygiène physique.

Côté nutrition vous mangez quoi ?
Après des épisodes de fibromyalgie, j’ai choisi d’éliminer le sucre raffiné et cela m’a aidée à luter contre l’inflammation et les douleurs. J’ai aussi adopté un régime gluten free, une intolérance que beaucoup supportent. Il n’en reste pas moins que lorsque je choisis de me faire plaisir c’est sans aucune culpabilité.
Avez-vous une recette pour booster votre immunité
Honnêtement, je ne suis pas particulièrement rigoureuse là-dessus. J’ai la chance d’exercer dans le cadre d’une passion et cela maintient d’une certaine manière.
Y a-t-il des couleurs qui vous stimulent ou vous permettent de vous ressourcer ?
Toutes celles qui ne sont pas neutres. J’ai besoin de tonalités qui affirment une identité forte, un point de vue. Pour beaucoup, le ton sur ton ou ce qui se fond et se dilue, apaise. En ce qui me concerne, les ruptures visuelles sont primordiales. Les grèges et les beiges ne me stimulent absolument pas
On dit qu’avoir une passion est un gage de longévité, quelle est la vôtre, mis à part la mode ?
Je me sens de plus en plus attirée par la nature « avec un grand N ». Un véritable appel pour la citadine que j’ai toujours été. Cette histoire finira au milieu des champs ou, a minima, par un retour aux sources (rires).
Un refuge bien être ?
Honnêtement, le silence. Mettre mon téléphone en mode off, réduire mes interactions et écouter le chant des oiseaux : apaisement garanti.
Qu’est-ce que cette période vous apprend à votre propos ?
Avec le temps, la nécessite de passer d’un mécanisme de défense à celui de la simple gratitude.
Votre message à la jeunesse
La volonté et/ou la passion peuvent venir à bout de toutes les difficultés. Et en second, je dirais s’interdire de penser qu’on n’a pas de chance. Allah karim.