Le gluten et le lactose sont-ils nos ennemis ?

Le gluten et le lactose sont-ils nos ennemis ?

« Sans gluten », « sans lactose », ces mentions se multiplient sur le packaging de nos denrées alimentaires, mais faut-il vraiment bannir l’un ou l’autre pour se sentir mieux ? Entre effets de mode, vraies intolérances et confusion nutritionnelle, démêler le vrai du faux est impératif.

Pains et desserts sans gluten, laits végétaux ou fromages sans lactose séduisent aujourd’hui un public bien plus large que les personnes réellement intolérantes. La question mérite donc d’être posée : gluten et lactose sont-ils mauvais pour notre santé ?

Commençons par le gluten. Cette protéine, présente dans le blé, l’orge ou encore le seigle, ne constitue aucun danger pour la majorité des individus. Elle ne devient problématique que dans deux cas précis, la maladie cœliaque (rare) et la sensibilité au gluten non cœliaque (encore difficile à diagnostiquer). En dehors de ces situations, supprimer totalement le gluten peut même déséquilibrer l’alimentation. Beaucoup de produits “sans gluten” sont en effet plus riches en sucre ou en matières grasses et souvent moins nutritifs.

Le lactose, lui, ouvre un autre débat. Avec l’âge, certaines personnes digèrent moins bien le sucre naturel du lait. Ballonnements, inconfort digestif, sensation de lourdeur. Ces signes existent réellement et concernent une part non négligeable de la population. Mais là encore, tout dépend de la tolérance personnelle. Beaucoup peuvent consommer du fromage, du yaourt ou du lait en petite quantité sans aucun problème. Le supprimer totalement n’est donc pas toujours nécessaire.

« L’origine du mal » 

Ce qui explique la méfiance croissante des consommateurs, c’est le lien de plus en plus évident entre alimentation et bien-être. Fatigue, troubles digestifs, peau terne, prise de poids (…) dès qu’un malaise apparaît, on incrimine logiquement le contenu de l’assiette. Le gluten et le lactose deviennent alors des coupables faciles. Dans le fond le problème vient plus des excès alimentaires, du manque de diversité ou des produits ultra-transformés que d’un ingrédient précis.

Cela ne signifie pas pour autant qu’il faille ignorer les signaux du corps. En cas d’inconfort régulier, après avoir mangé certains aliments, il est utile d’observer ses réactions et d’adapter sa consommation. Si les symptômes persistent, un médecin effectuera les tests nécessaires pour déterminer s’il y a intolérance ou non et avisera par la suite du régime à suivre.