La danse du cygne urbain
Elle a commencé seule chez elle, avant de trouver dans la rue son premier espace d’expression. Médaillée d’or du Breaking Morocco 2026, B-Girl Alma veut construire son propre trademark.
Ses premiers pas commencent en 2018, enfin un an avant, mais c’est à cette date qu’elle décide de se jeter à l’eau en compagnie d’autres B-Boys et B-Girls. Depuis, elle enchaîne les entraînements, les compétitions et les victoires, tout en cherchant à affiner son identité artistique. Pour B-Girl Alma, chaque pas raconte une évolution, une recherche et une volonté de laisser une trace qui porterait son nom. Entretien.
Comment t’es-tu mise au Breaking ?
J’ai toujours été attirée par le Hip-Hop et la danse en général. Je me souviens qu’en 2017, je passais mon temps à apprendre des chorégraphies que je reproduisais ensuite chez moi en secret. Je n’avais pas encore la confiance nécessaire pour montrer aux autres ce dont j’étais capable. En 2018, j’ai vu des danseurs de Breaking s’entraîner dans la rue. Je leur ai demandé où je pouvais apprendre cette discipline et ils m’ont immédiatement orientée vers la maison des jeunes. J’y ai suivi des cours pendant environ trois semaines. Puis, grâce à de nouveaux amis rencontrés là-bas, j’ai commencé à m’entraîner dans la rue. Tout a commencé à cet endroit que l’on appelle « Lpista ».
Tu as très vite progressé, c’est dû à quoi ?
Je pense que lorsque l’on aime vraiment quelque chose, on s’y investit pleinement. Dans ce cas, on apprend forcément plus vite. Bien sûr, s’entraîner tous les jours est essentiel. La paresse est ce qui ralentit le plus l’apprentissage. Comme partout la discipline et la patience sont indispensables.
Parle-nous de cet univers sportif et artistique à la fois ?
Le monde du Hip-Hop, c’est ma vie. Il m’a appris énormément de choses et m’a aidée à grandir. Il me donne confiance en moi et a contribué à faire de moi la personne que je suis aujourd’hui. Je pense que sans lui, je n’aurais pas développé une personnalité aussi forte. J’en suis profondément reconnaissante.
Quelle est ta spécialité ?
Ma spécialité c’est le Breaking tout simplement. Je suis donc toujours ouverte à apprendre de nouvelles choses dans cette discipline. Le Breaking n’a aucune limite. C’est ce qui le rend passionnant. Il y a toujours de nouveaux mouvements à découvrir et de nouvelles techniques à explorer.
C’est toujours aussi compliqué pour les filles de se frayer un chemin dans le Breaking ?
Je ne pense plus que ce soit aussi difficile aujourd’hui. Nous sommes en 2026 et les filles comme les garçons ont leur place dans cette discipline. À l’échelle mondiale, les B-Girls sont capables d’exécuter les mouvements les plus complexes tout aussi bien que les B-Boys. De nombreuses B-Girls ont déjà marqué l’histoire du Breaking.
Quel est ton rêve en tant qu’athlète ?
Laisser mon empreinte dans le monde du Breaking. Je souhaite développer une identité tellement reconnaissable qu’en me voyant les gens pourront immédiatement dire : « C’est B-Girl Alma ».
Y a -t-il une collaboration que tu voudrais concrétiser ?
Je ne parlerais pas forcément d’une collaboration, mais plutôt d’un stage ou d’un atelier. J’aimerais avoir l’occasion de participer à un workshop avec mes B-Boys et B-Girls préférés, notamment B-Girl Ami et B-Boy Wing.
Quels sont tes projets et message (s) ?
Pour le moment, je me concentre avant tout sur ma progression et l’amélioration de mon niveau, je n’ai donc pas de projet particulier à annoncer. Le message que je souhaite transmettre est simple : n’abandonnez jamais vos rêves. Vous n’avez qu’une seule vie, alors faites ce que vous aimez et donnez-vous à fond. L’existence est pleine d’obstacles et de difficultés, mais il faut continuer à se battre, ne jamais cesser d’essayer et persévérer jusqu’à atteindre ses objectifs.