Mohammed Benjaddi frmsafh

Brayki wou bikher

Mohammed Benjaddi

Mohammed Benjaddi a construit son parcours au fil des rencontres et des scènes. Aujourd’hui, il met son énergie au service de l’art et de ceux qui le font vivre.

Il aurait pu suivre un chemin plus balisé, mais il a choisi d’apprendre par lui-même, de s’inspirer des autres sans jamais les imiter. En quelques années, Mohammed Benjaddi est passé de la curiosité à la maîtrise, de la pratique en solo à la scène internationale. Toujours en mouvement, il défend une vision collective de la danse, tournée vers la création, la pédagogie et le lien. Une manière de rendre à la culture urbaine ce qu’elle lui a permis de bâtir.

Comment as-tu été initié au Breaking ?

Je l’ai découvert à l’âge de 16 ans dans des vidéos cassettes reçues par une association où j’avais l’habitude de jouer au Basket. Dès que j’ai vu les premiers mouvements, j’ai été fasciné et me suis mis à pratiquer chez moi. Au fil du temps mes entrainements sont devenus plus sérieux.

C’est quoi ta spécialité ?

Je me concentre beaucoup sur le flow, les transitions, les freezes créatifs, les footworks complexes et la musicalité. Je cherche toujours à raconter quelque chose à travers mes mouvements. J’essaie au maximum de traduire cette musicalité par mon expression corporelle et à créer une identité visuelle forte.

Parle nous de tes temps forts en tant que B-Boy ?

Il y en a plusieurs mais si je devais choisir, je dirais ma première candidature à un Master Class au sein de l’Institut Français d’Agadir, suivie d’une collaboration avec des danseurs professionnels. Nous avons partagé de très beaux moments et cela m’a permis de poursuivre ma voie. L’autre souvenir qui m’a beaucoup marqué, c’était la participation avec mon Crew (Innov’ Crew) à une compétition en Allemagne où nous représentions le Maroc. Nous étions très heureux de cette expérience à la fois humaine et artistique.

Qu’est-ce qu’il faut pour apprendre et assimiler le Breaking ?

Beaucoup de patience, de persévérance et surtout de la passion. Je passe mon temps à décortiquer les mouvements, à m’entraîner intelligemment et à écouter mon corps. J’analyse aussi les autres danseurs, je m’inspire d’eux tout en ramenant ma touche personnelle.

Quelles sont tes plus grandes victoires ?

Au risque de vous étonner, ce ne sont pas forcément les battles que j’ai gagnés. Bien sûr, il y a eu le classement parmi les 4 top Crews au Maroc, lors du « Battle of The Year » organisé par FRMSAFH. Mais j’ajouterais la création d’un Crew où nous nous sentons en famille jusqu’à présent et ma mission actuelle en tant que C.T.R au sein de la Fédération. Devenir Jury et Coach confirmé est aussi une très belle victoire personnelle.

Qu’aimerais tu dire aux jeunes aujourd’hui ?

Que tout est possible avec de la discipline, de la passion et du respect. Le Breaking peut être un outil puissant pour s’exprimer, se dépasser et construire sa confiance en soi. Je veux également leur transmettre l’amour de la culture Hip-Hop et de ses valeurs.

Que fais-tu en dehors du Breaking ?

Je compose de la musique et j’assure la direction artistique de nombreux projets. Ça m’aide à nourrir ma créativité parce que les deux se complètent et enrichissent mes chorégraphies.

A quoi aspires-tu professionnellement ?

Je veux continuer à évoluer, à représenter ma vision du Breaking et contribuer concrètement au développement de la communauté Hip Hop. Et (pourquoi pas ?) aider à faire grandir cette culture par des projets artistiques et/ou éducatifs.